On a parfois du droit une vision à deux dimension, comme s'il n'existait que dans sa forme présente, le droit nouvellement revêtu de la force obligatoire par le pouvoir de l'Etat le « droit positif ».
C'est faux. En effet, le droit actuel est le résultat de l'Histoire de France (I). Cela est particulièrement vrai de l'organisation institutionnelle de la France (II).
I. Le droit actuel est le résultat de toute une histoire. Ainsi, le droit français qui nous régit est le résultat de l'histoire du droit français, qui lui-même a été « poli » par l'Histoire de France. On ne peut le comprendre si l'on ignore tout ce qui s'est passé avant, car l'histoire demeure vivante. Aussi bien le droit romain, que le droit médiéval, que le droit de l'Ancien Régime, que le droit intermédiaire de la Révolution Française. Dès lors, les influences fortes du droit nord-américain après la seconde Guerre Mondiale ainsi que la construction européenne ne peuvent que poser problème. En outre, le droit en tant qu'il est un système normatif autonome a posé sa neutralité par rapport aux faits historiques, mais cela n'est pas si aisé.
II. Cette imprégnation du droit par son Histoire explique que toute l'organisation institutionnelle française est marquée par son histoire, notamment politique, dans le rôle premier de l'exécutif, la place faite au Parlement, le peu de considération pour la Constitution, et l'ignorance agressive dont on voile le juge. L'organisation juridictionnelle française elle-même est le résultat de l'histoire de France, par la dualité des ordres de juridictions, et au sein des juridictions judiciaires les rapports entre le siège et le parquet.
Ripert
I. LES INSTITUTIONS, POLISSAGE DE L’HISTOIRE
A. LE DROIT FRANÇAIS, RÉSULTAT DE L’HISTOIRE DE FRANCE
1. Le droit romain
2. Le droit de l'Ancien Régime: droit coutumier et droit écrit, Ordonnances royales
3. La rupture du Droit intermédiaire
4. Le Code civil
5. Le droit de l’après-guerre et la construction européenne
6. L’influence nord-américaine
B. LE MÉCANISME DE L’IMPRÉGNATION HISTORIQUE DU DROIT
1. Analyse de principe des relations entre le Droit et l’Histoire
a. Le droit, esprit d’un peuple
b. L’illusion du droit sur feuille blanche
2. La réception de l'Histoire par le Droit
b. L'Histoire, construite par le juge
A. LES DEUX POUVOIRS VALORISÉS : GOUVERNEMENT ET PARLEMENT
1. L'Exécutif
a. Le Président de la République
b. Le Gouvernement
2. Le Parlement
3. Les relations entre le pouvoir exécutif et le pouvoir parlementaire
Figure
Doctrine
- Portalis, Discours préliminaire au projet de Code civil, extrait et texte intégral
- Carbonnier, L'imagerie des monnaies
- Carbonnier, Le silence et la gloire
Textes
- Article 34 de la Constitution
- Article 37 de la Constitution
- Article 51-1 de la Constitution
- Article 64 de la Constitution
- Article 68 de la Constitution
- Article 5 du Code civil
- Article 1351 du Code civil
- Loi du 13 juillet 1990 sur la négation des crimes contre l'humanité (dite "Loi Gayssot")
Jurisprudence
- Tribunal des conflits, 8 février 1873, Blanco
- Civ. 1ière, 27 février 1951, Branly
- T.G.I. Paris, 8 juillet 1981, Faurisson
- Cons. const., 28 février 2012, Loi visant à réprimer la contestation de l'existence des génocides reconnus par la loi
On peut ainsi, dans le cheminement de cette leçon, se poser les questions suivantes :