► Référence complète : S. Merabet, « La morale by design« , in M.-A. Frison-Roche (dir.), Les outils de la Compliance, coll. « Régulations & Compliance« , 
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► RĂ©sumĂ© de l’article (fait par le Journal of Regulation & Compliance) : Après s’ĂŞtre interrogĂ© sur les rapports entre le Droit et la Morale, dont on a du mal Ă trouver des points de contact, l’auteur avance l’hypothèse que celle-ci pourrait trouver un espace de concrĂ©tisation dans la technologie de l’intelligence artificielle, alors mĂŞme que beaucoup s’inquiètent des effets dĂ©lĂ©tères de celle-ci. L’auteur considĂ©rant que la Compliance n’est qu’une mĂ©thode tandis que l’Ă©thique serait la façon dont la morale est incorporĂ©e d’une façon assouplie dans le Droit, la technologie dite de l’Intelligence Artificielle pourrait donc exprimer la règle morale (« la compliance by design pourrait ĂŞtre l’outil adĂ©quat pour permettre d’assurer l’effectivitĂ© des règles morales sans tomber dans les excès envisagĂ©s »).Â
L’auteur prend appui sur des exemples pour estimer qu’ainsi la technologie pour d’une part exprimer la règle morale et d’autre part rendre celle-ci effective. La règle morale peut ainsi Ă©laborĂ©e d’une façon Ă©quilibrĂ©e puisqu’elle l’est conjointement entre l’État et les opĂ©rateurs Ă©conomiques, cette collaboration prenant la forme de principes gĂ©nĂ©raux arrĂŞtĂ©s par l’État des moyens choisis par l’entreprise. Son contenu serait Ă©galement caractĂ©risé par la recherche d’un « juste milieu », qui serait trouvĂ© par cette rĂ©partition entre les principes moraux primaires dont l’expression serait le fait de l’État et les principes moraux secondaires dont l’expression serait dĂ©lĂ©guĂ©e aux entreprises.
Prenant donc ce qui seraient les principes de la Compliance, l’auteur les applique Ă l’Intelligence Artificielle, en montrant qu’on insère dans ces technologies non seulement le principe de neutralitĂ© mais encore les principes Ă©thiques de non-malveillance, voire de bienveillance (principes premiers) que les entreprises dĂ©clinent ensuite en principes secondaires. Dès lors, « la compliance peut utilement ĂŞtre mise Ă profit pour convertir ces principes moraux fondamentaux en règles morales dĂ©rivĂ©es, source d’une plus grande effectivitĂ©. ».
Aboutissant ainsi Ă une « morale by design », le système global dispose d’un outil d’effectivitĂ© supplĂ©mentaire. Cela suppose que les règles fondamentales et dĂ©rivĂ©es soient d’une qualitĂ© morale acquise car pour l’instant l’outil technologique ne peut assurer que leur effectivitĂ© et non pas la qualitĂ© morale des règles implĂ©mentĂ©es. Dans la dĂ©termination des « règles morales d’application », l’entreprise dispose de marges de libertĂ©, utilisĂ©es via les outils technologiques.Â
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