Ethnologie

Analyses

En Allemagne, le conseil d’éthique recommande le 24 septembre 2014 de lever la prohibition de l’inceste entre frère et soeur, dès l’instant qu’ils sont consentants

La filiation est un élément fondamental des sociétés. Il a été démontré en anthropologie que certaines règles étaient fondamentales pour l'équilibre des sociétés. Ainsi en est-il de la prohibition de l'inceste, entre les parents et les enfants, entre les frères et les soeurs. L'une des raisons pour lesquels le droit prohibe d'une façon absolue les conventions de maternité pour autrui (que certains appellent « G.P.A. ») tient au fait que non seulement le bébé est vendu comme une chose, non seulement la mère de celui-ci, la mère qui le porte, est alors une esclave, mais encore tient au fait que si on le permettait, l'on pourrait arriver à valider l'inceste. Ainsi, lorsque les arrêts du 26 juin 2014 de la CEDH condamnèrent la France pour ne pas prendre en considération le lien entre l'enfant issu d'une « GPA » faite à l'étranger, le professeur de droit Muriel Fabre-Magnan affirma que le droit fondamental de la filiation était si heurté que l'on pouvait craindre dans un choc en retour la levée de la prohibition de l'inceste. Trois mois après, le conseil d'éthique propose en Allemagne de lever la prohibition juridique de l'inceste entre frère et soeur. Ce n'est pas la solution technique qui est bouleversante, mais la motivation. En effet, le Conseil estime qu'il ne convient pas de sanctionner ainsi deux « adultes consentants » qui s'aiment. Le consentement serait donc seul maître à bord. Le marché, qui ne fonctionne que sur l'ajustement des consentements et ne connaît que cela, a gagné pour être le seul modèle de référence. Le marché devient le modèle de la société même. Qu'en aurait dit Claude Lévi-Strauss ?

Conférences

LEVI-STRAUSS, Claude

De la différence entre l’ethnologie et la littérature

Référence complète : Entretien entre Claude Lévi-Strauss et Bernard Pivot, Apostrophe,  Ecouter l'entretien.    Question de Bernard Pivot : « A quoi sert l'ethnologie ? » Réponse de Claude Levi-Strauss : à chercher à comprendre l'homme. L'on peut chercher à l'intérieur de l'homme, l'on peut regarder en arrière, l'on peut inclure dans son regard dans sa réflexin humaniste ce qui est plus loin, pour mieux se comprendre soi-même. En cela, c'est une continuation de l'esprit de l'esprit de la Renaissance. Sans dénier la sagesse de notre propre société, il s'agit de ne pas dénier les sagesses des autres sociétés, et l'on ne peut prétendre comprendre notre propre sagesse sans la mettre en perspective des autres (il se réfère à Rabelais ou Montaigne, qui ont fait ainsi). Il ne s'agit pas d'une « pensée critique », en ce qu'il serait une idée comme quoi notre propre sagesse serait mauvaise, cela serait une erreur d'analyse. Claude Levi-Strauss explique la façon dont a été écrit « Tristes Tropiques », à l'origine roman, et écrit en 4 mois sous la contrainte de l'éditeur, étant lui-même « exaspéré », réincorporant l'observateur dans l'objet observé. Mais il insiste sur la différence entre l'ethnologie et la littérature.