24 février 2022

Base Documentaire : Doctrine

IDA, Nicolas🕴️

📗La preuve devant l'Autorité des marchés financiers

â–ş RĂ©fĂ©rence complète : N. Ida, La preuve devant l'AutoritĂ© des marchĂ©s financiers, prĂ©f. H. Barbier, avant-propos D. Schmidt, Dalloz, Hors collection Dalloz, 2022, 801. p.

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â–ş RĂ©sumĂ© de l'ouvrage (fait par l'Ă©diteur) : Peut-on servir deux maĂ®tres Ă  la fois ? Cette question biblique est portĂ©e Ă  sa cime lorsqu’elle est appliquĂ©e au droit, toujours tiraillĂ© entre deux buts antagonistes. Tout comme le droit des contrats s’épuise Ă  faire la synthèse de la libertĂ© et de la solidaritĂ©, et le droit des sociĂ©tĂ©s celle de la collectivitĂ© et de l’individu, le droit de la preuve en matière financière doit, comme Monsieur Nicolas Ida l’observe Ă  l’orĂ©e de son travail doctoral, « concilier les impĂ©ratifs d’efficacitĂ© et de lĂ©gitimitĂ© de la rĂ©pression financière ». […]

C’est cette recherche du « point d’équilibre » qui se présente comme l’horizon de la réflexion de l’auteur.

Le plan de thèse de Monsieur Nicolas Ida révèle avec finesse la dualité de la preuve au travers des deux temps de la procédure devant l’AMF. Au cours de cette procédure, la preuve est successivement envisagée comme une opération matérielle, puis comme une opération intellectuelle, selon que l’on se situe au stade des investigations préalables à la notification de griefs ou au stade du jugement devant la Commission des sanctions de l’AMF.

La phase préliminaire de constitution du dossier probatoire est marquée par le renforcement constant des garanties procédurales au bénéfice des personnes visées par les investigations conduites par l’AMF. Ce constat dressé par l’auteur vient en balance de l’essor des pouvoirs de l’AMF – droit de communication de tous documents, d’accès aux locaux professionnels, de procéder à des infiltrations numériques, de perquisition menée par les enquêteurs, etc. – qui ne pouvait qu’appeler des contreforts. […]

Le second temps de l’étude se déprend des preuves matérielles pour se porter sur le raisonnement à partir des preuves ainsi réunies qu’est conduit à tenir la Commission des sanctions de l’AMF. Ce parti pris est en lui-même un apport de la thèse. Le raisonnement probatoire est en effet la boîte noire du droit de la preuve, lequel demeure trop souvent concentré sur les preuves matérielles et leur mode d’administration et d’admissibilité. […]

Finalement, […] les ambitions de la thèse de Monsieur Nicolas Ida conjuguent harmonieusement suggestions spécifiques d’amélioration de la procédure devant l’AMF et propositions plus globales d’évolution du droit de la preuve en général.

Le droit financier se révèle ainsi comme un point d’observation privilégié du droit de la preuve tant il exacerbe les difficultés habituelles que rencontre ce dernier, et oblige donc davantage qu’ailleurs encore, à les transcender.

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